Frise chronologique
1523
Ordonnance du parlement
Ordonnance du parlement
1523 (≈ 1523)
Création décidée par les capitouls.
1545-1549
Construction initiale
Construction initiale
1545-1549 (≈ 1547)
Réalisée par Jean Rancy.
1593
Restauration par Bachelier
Restauration par Bachelier
1593 (≈ 1593)
Ajout de l’obélisque et marmousets.
1649
Restauration par Pierre Affre
Restauration par Pierre Affre
1649 (≈ 1649)
Réparation des éléments en bronze.
1720
Travaux de Ferrary
Travaux de Ferrary
1720 (≈ 1720)
Nouvelle vasque et ajustements structurels.
1825
Raccordement au château d’eau
Raccordement au château d’eau
1825 (≈ 1825)
Amélioration de l’alimentation en eau.
1925
Classement monument historique
Classement monument historique
1925 (≈ 1925)
Protection officielle de la fontaine.
années 1980
Déplacement lors de fouilles
Déplacement lors de fouilles
années 1980 (≈ 1980)
Réaménagement de la place.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment dit Château du Canal, 26, 28, 30 rue du Port-Saint-Etienne (cad. AB 88 à 90) : inscription par arrêté du 16 juillet 1992 ; Pavillon des Archives du Canal, 20 rue du Port-Saint-Etienne (cad. AB 87) : inscription par arrêté du 16 juillet 1992
Personnages clés
| Jean Rancy - Constructeur initial |
Réalisa la fontaine (1547-1549). |
| Antoine Bachelier - Architecte |
Restaura la fontaine en 1593. |
| Pierre Chevenet - Maître-fondeur |
Fondit les marmousets en 1593. |
| Pierre Affre - Sculpteur |
Restaura les éléments en 1649. |
| Ferrary - Ingénieur |
Intervint sur la fontaine en 1720. |
Origine et histoire
La fontaine de la place Saint-Étienne, construite entre 1547 et 1549 par Jean Rancy, marque la première réalisation d’une fontaine publique à Toulouse. Commandée par les capitouls après un long procès contre le chapitre cathédral, elle utilise l’eau de l’aqueduc de Guilheméry. Son style Renaissance se distingue par une vasque octogonale, des colonnettes issues de l’ancienne fontaine du cloître Saint-Étienne, et un obélisque de marbre rouge ajouté en 1593 par Antoine Bachelier. Quatre marmousets en bronze, fondus par Pierre Chevenet, ornent les niches du piédestal, rejetant l’eau par des poissons sculptés.
En 1593, la fontaine est restaurée et enrichie sous la direction d’Antoine Bachelier, avec l’ajout d’un obélisque et de décors en bronze. Au XVIIe siècle, Pierre Affre intervient pour de nouvelles réparations, notamment sur les marmousets. Malgré des problèmes récurrents de débit et de qualité de l’eau, la fontaine reste un point central de la place, témoignant des avancées techniques et artistiques de l’époque. En 1825, elle est reliée au nouveau château d’eau pour améliorer son alimentation en eau de la Garonne.
La fontaine subit plusieurs modifications au fil des siècles, dont une restauration majeure en 1649 et une intervention en 1720 par l’ingénieur Ferrary, qui remplace des éléments en marbre et ajuste la structure. Au XIXe siècle, elle est déplacée lors des réaménagements de la place, notamment pendant les fouilles archéologiques des années 1980. Aujourd’hui, elle incarne à la fois le patrimoine hydraulique toulousain et l’héritage artistique de la Renaissance, tout en ayant survécu aux transformations urbaines.
La place Saint-Étienne, où se dresse la fontaine, est un lieu historique majeur de Toulouse, marqué par des événements comme les combats de la croisade des Albigeois en 1216 ou les célébrations royales des XVIIe et XVIIIe siècles. La fontaine, initialement conçue pour répondre à des besoins pratiques, devient un symbole de prestige pour la ville. Son architecture, mêlant marbre, bronze et pierre, reflète les influences stylistiques successives, de la Renaissance au classicisme.
Au XVIIIe siècle, la place perd progressivement son rôle central au profit de la place du Capitole, mais la fontaine reste un repère visuel et culturel. Les réaménagements modernes, comme la création d’un parking souterrain dans les années 1980, ont nécessité son déplacement, révélant par ailleurs des vestiges archéologiques antiques et médiévaux. Ces découvertes ont enrichi la compréhension du quartier, depuis son occupation romaine jusqu’à son urbanisation médiévale.
Classée monument historique en 1925, la fontaine de la place Saint-Étienne illustre l’ingéniosité des artisans toulousains, comme Jean Rancy, Antoine Bachelier ou Pierre Affre. Son iconographie, mêlant motifs fantastiques et éléments classiques, en fait un exemple unique du patrimoine hydraulique méridional. Elle continue d’attirer les regards, témoignant de l’histoire mouvementée de Toulouse, entre conflits religieux, embellissements urbains et préservation patrimoniale.